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Déjà, au cours des années 80, la recherche indiquait qu’il est sécuritaire pour les femmes, dans la plupart des cas, d’accoucher par voie vaginale après une césarienne. En Amérique du Nord, deux conférences-consensus (scientifiques) prononcées dans ces années-là recommandaient d’encourager les femmes à choisir un accouchement vaginal après césarienne (AVAC) plutôt que de subir une nouvelle césarienne.
Toutefois, depuis, l’on a assisté à une médicalisation croissante de l’obstétrique. Les taux de césariennes n’ont cessé de grimper, malgré la recommandation exprimée en 1985 par l’Organisation mondiale de la santé à l’effet que les taux de césariennes ne devraient pas excéder 10 ou 15 % des cas, selon le degré de spécialisation des hôpitaux, recommandation reprise par l’UNICEF en 2009 (5 à 15 %). Qu’il s’agisse de pays industrialisés, de pays émergents comme le Brésil ou la Chine, les taux de césariennes ont atteint des sommets inégalés, et l’OMS s’inquiète de la possibilité que les taux de mortalité maternelle augmentent aussi, dans ce contexte.
La césarienne a malheureusement été banalisée, et si elle peut s’avérer extrêmement utile comme dans le cas où elle peut sauver la vie de la mère ou du bébé, le recours excessif aux césariennes – par exemple celles qui sont plutôt faites par convenance, ou parce que cette pratique est plus commode, ou parce que la crainte des poursuites entraîne le choix d’une obstétrique défensive - fait courir aux femmes et à leurs bébés des risques indus et souvent passés sous silence. De plus, l’on n’encourage pas assez les femmes ayant déjà subi une césarienne à accoucher naturellement.
C’est pour aider ces femmes à faire des choix éclairés que je publie cette édition révisée de mon livre sur l’AVAC. Il me paraît plus nécessaire que jamais de faire état des connaissances scientifiques récentes sur le sujet, afin que les femmes qui le souhaitent puissent discuter, avec les professionnels de la santé et des institutions, de la possibilité de mettre elles-mêmes au monde leur bébé. Pour plusieurs femmes, cette option est très importante. En outre, contrairement à ce qu’on croit, la césarienne n’est pas nécessairement à l’avantage des bébés, sans compter que cette intervention présente des risques accrus pour les mères.
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